Analyse des Faits Sociaux
CM Mme Louise MARY-DEFERT — L2 AEI — Révision complète
Chapitre 1 — Le fait social et la sociologie comme science
1.1. Définition durkheimienne
Émile Durkheim (Les Règles de la méthode sociologique, 1895) définit le fait social comme « toute manière de faire (fixée ou non) qui exerce sur l'individu une contrainte venant de l'extérieur, ou bien qui est générale dans toute une société et qui existe indépendamment de chaque personne ».
Règle de base : « Tout fait social doit être considéré comme une chose. »On l'analyse comme un objet réel, indépendamment de ses opinions personnelles.
1.2. Les trois caractères du fait social
- • Contraignant : on est obligé de s'y soumettre, sinon sanction sociale.
- • Statistique : il se mesure et se compte (taux de suicides, taux de syndicalisation…).
- • Institutionnel : il transite par les institutions (famille, école, travail, État).
1.3. Exemple : le genre comme fait social
- • Contraignant : se conformer aux normes de genre, sinon rappel à l'ordre.
- • Statistique : visible dans les accidents du travail, les écarts de salaire, la division du travail domestique.
- • Institutionnel : monde du travail, famille, couple.
1.4. Sociologie vs analyses non-scientifiques
L'analyse des faits sociaux n'est pas réservée aux sociologues. Les journalistes, politiques, militants, associations analysent aussi la société — mais à leur manière, avec leurs biais. La sociologie, elle, s'impose une méthode scientifique : neutralité axiologique, objectivation, réflexivité, vérification empirique.
Chapitre 2 — La mise en énigme sociologique (Cyril Lemieux)
2.1. La méthode en 4 étapes
- 1. S'emparer d'une croyance partagée ou d'un constat reconnu sur l'objet étudié.
- 2. En tirer une série d'inférences logiques ou d'énoncés prédictifs.
- 3. Faire apparaître les éléments empiriques qui contredisent les inférences.
- 4. Se demander comment ces éléments empiriques peuvent exister si la croyance partagée est vraie.
La mise en énigme rend délibérément problématique ce qui paraissait naturel ou évident. Elle transforme un simple constat en objet d'enquête, en révélant la tension entre prénotion et empirie.
2.2. Distinction des questions
Exemple : « Alors que toutes les fenêtres de la rue sont rectangulaires, pourquoi celles de la 25ᵉ maison sont-elles rondes ? » C'est une question sociologique, à distinguer de la question descriptive (quelle forme ?) ou scolastique (le rectangle est-il attaché à notre conception de la fenêtre ?).
2.3. Exemple-phare : le suicide (Durkheim, 1897)
- • Croyance : le suicide est un acte individuel, aléatoire, lié à la psychologie.
- • Inférence : le nombre de suicides devrait varier au hasard.
- • Empirie : il augmente de façon stable dans certains groupes sociaux (taux constants par catégorie).
- • Énigme : quels facteurs sociaux influencent le passage à l'acte ?
Impact : Durkheim légitime la sociologie comme science. Même un acte intime a des causes sociales (intégration, régulation).
2.4. Exemple : l'école et les inégalités (Bourdieu & Passeron, 1964)
- • Croyance : l'école républicaine promeut l'égalité des chances.
- • Inférence : toutes les classes sociales devraient réussir de manière comparable.
- • Empirie : les enfants des classes supérieures réussissent mieux.
- • Énigme : pourquoi l'école renforce-t-elle les inégalités au lieu de les effacer ?
Réponse de Bourdieu : la capital culturel hérité (vocabulaire, références, codes) avantage les élèves des classes supérieures. Méthode qualitative : entretiens, bulletins, commentaires. Impact : remise en cause du mérite scolaire.
Chapitre 3 — La violence et sa mesure
3.1. La violence comme fait social
Interdit intériorisé dès l'enfance (caractère contraignant). Fait institutionnel et intentionnel dans la mesure où les organisations s'organisent autour d'elle. C'est aussi un fait mesurable.
3.2. Mise en énigme
- • Croyance : la société est plus violente qu'avant.
- • Inférence : le nombre et la gravité des violences devraient augmenter.
- • Empirie : certaines formes se stabilisent voire diminuent ; d'autres, jusqu'ici normalisées, sont aujourd'hui condamnées (notre seuil de tolérance baisse).
- • Énigme : la société est-elle vraiment plus violente, ou est-ce notre manière de la définir, mesurer, dénoncer qui a changé ?
3.3. Max Weber (1864-1920) — Le monopole de la violence légitime
Le Savant et le Politique, 1919. L'État détient le monopole de la violence physique légitime. La transgression d'une norme est une atteinte à la légitimité du pouvoir, source de cohésion sociale. La violence est soit légitime (exercée par l'État), soit illégitime(exercée par d'autres acteurs).
3.4. Norbert Elias (1897-1990) — Le processus de civilisation
Sur le processus de civilisation, 1939. La réglementation de la violence privée est au cœur de l'édification des sociétés occidentales. Sociogenèse de l'État en 3 temps :
- • Moyen Âge : large diffusion de la violence à tous les niveaux ; instabilité d'une élite qui « guerroie ».
- • Monarchie absolue : monopole de la contrainte physique par le pouvoir central, démilitarisation des seigneurs, faveur du roi.
- • Rationalisation : appareil étatique et juridique impersonnel, instances bureaucratiques.
3.5. Mesurer la violence
Distinction déviance (transgression d'une norme) / délinquance(transgression d'une norme juridique).
Deux sources statistiques : les statistiques policières (faits constatés) et les statistiques judiciaires (faits judiciarisés). Limite : le chiffre noir de la délinquance — les faits non enregistrés. Pour le contourner : enquêtes de victimation, de délinquance auto-déclarée, sur le sentiment de sécurité.
3.6. Laurent Mucchielli — Une société plus violente ?
Une société plus violente ? Une analyse socio-historique des violences interpersonnelles en France, des années 1970 à nos jours. Mucchielli identifie plusieurs processus articulés : pacification des mœurs, criminalisation, judiciarisation, ségrégation socio-économique, compétition pour les biens de consommation. La pacification des mœurs réduit le recours à la violence en la stigmatisant et la délégitimant : d'où le paradoxe d'un sentiment d'augmentation accompagnant une stagnation voire un recul réel.
3.7. L'École de Chicago (années 1920-1930)
Enquêtes de terrain qualitatives faisant de Chicago un « laboratoire social ». Articule écologie urbaine et interactionnisme symbolique. Met en évidence l'impact de l'urbanisation et de l'industrialisation sur les crimes contre les personnes, via la notion de « dérèglement de la vie sociale » : marginalité, ségrégation, conditions des immigrés, quartiers insalubres, absence de travail (la « ceinture de pauvreté »). Frederic Trasher conceptualise le gang comme réponse à la désorganisation sociale. Rejet des explications biologisantes et racistes.
3.8. Bourdieu — La violence symbolique
Pierre Bourdieu (1930-2002) définit la violence symbolique comme « une violence dont la spécificité réside en ce qu'elle parvient à se faire oublier comme telle ». Elle n'est pas physique : elle décrypte les processus de domination et les injustices sociales. Question centrale : comment les rapports de domination parviennent-ils à se rendre légitimes alors qu'ils contredisent l'égalité démocratique ?
Chapitre 4 — Prendre soin des autres : le care
4.1. Care vs cure
- • Care (Carol Gilligan) : souci fondamental du bien-être d'autrui ; développement moral centré sur l'attention aux responsabilités et aux rapports humains. Concerne tout être vivant, de la naissance à la mort.
- • Cure : centré sur la maladie et le corps. But : absence de maladie, guérison. Moyens : soins de réparation.
4.2. Définitions classiques
Arlie Russell Hochschild (1983) : le care = relation d'aide (familiale ou professionnelle) qui désigne à la fois l'activité de soin à une personne dépendante et le souci de la réception de ce soin — combinaison de compétences techniques et émotionnelles.
Janet Finch et Dulcie Groves (A Labour of Love, 1983) : « combinaison de sentiments, d'affections et de responsabilités accompagnés d'actions qui subviennent aux besoins d'un individu dans une interaction en face à face ».
Conclusion : le care n'est ni inné, ni naturel, ni essentiellement féminin.
4.3. Le care, fait social genré
Travail invisibilisé, naturalisé et dévalorisé par le système de genre. Distinguer : travail de care non rémunéré (l'amour avant le travail ?) et travail de care (mal) rémunéré. Question de l'aidance comme phénomène genré : 56 % des aidants accompagnant un proche malade, handicapé ou vieillissant sont des femmes.
4.4. Division sexuelle du travail (Kergoat)
Danièle Kergoat : séparation et hiérarchisation des tâches entre les catégories sociales de sexe. Oppose la sphère productive (travail rémunéré) à la sphère reproductive (travail domestique, soin). Le care est faiblement valorisé symboliquement, socialement et financièrement, ce qui correspond à une naturalisation des compétences dites féminines.
4.5. Helena Hirata — Le care mondialisé
Helena Hirata : le care = travail matériel, technique et émotionnel, façonné par des rapports sociaux de sexe, de classe, de « race »/ethnie. Exemple comparatif (Brésil, France, Japon) : division internationale du travail de care reposant sur les femmes racisées, immigrées et précaires.
4.6. Intersectionnalité
Analyse de l'imbrication des rapports sociaux de domination (sexe, classe, race, validisme) — des liens plus que des cumuls.
4.7. Production profane de santé (Cresson)
Geneviève Cresson (Le Travail domestique de santé) : division sociale du travail de santé entre profanes (familles) et professionnels. La production de soin s'inscrit comme une activité domestique « intégrée dans la vie quotidienne de la famille ». Elle comprend : créer et entretenir des conditions de vie favorables à la santé ; prendre soin des malades ; éduquer à la santé ; servir d'intermédiaire avec l'extérieur ; faire face aux crises. Travail principalement assigné aux femmes.
Chapitre 5 — Le handicap au travail
5.1. Modèle médical vs modèle social
Évolution historique : du modèle médical (handicap = maladie à soigner) au modèle social(handicap = inadaptation de la société à la différence). C'est la société qui « désactive » ou « active » le handicap selon son organisation.
5.2. La RQTH
Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé. Article L. 5213-1du Code du travail : est considéré comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont réduites par une altération d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales ou psychiques.
Article L. 5213-6 : l'employeur doit prendre les mesures appropriées pour permettre l'accès, l'exercice et la progression dans l'emploi (y compris en télétravail). Refuser ces mesures est constitutif d'une discrimination (article L. 1133-3).
Chiffre clé : 1 travailleur sur 10 en France est reconnu handicapé.
5.3. La pénibilité au travail (article L. 4161-1)
- • Contraintes physiques : manutention manuelle de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques.
- • Environnement agressif : agents chimiques dangereux, milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit.
- • Rythmes difficiles : travail de nuit, équipes alternantes, travail répétitif.
5.4. Pourquoi les handicapés souffrent plus ? — Mise en énigme
- • Croyance : statut protecteur, le travail devrait être adapté.
- • Réalité : ils sont plus exposés que la moyenne aux pénibilités.
- • Énigme : pourquoi cette sur-exposition ?
Hypothèse 1 : profil (plus âgés, moins qualifiés). Hypothèse 2 : c'est la pénibilité qui crée le handicap. Hypothèse 3 : les inégalités scolaires se répercutent dans le marché du travail (orientation vers métiers d'exécution).
Chapitre 6 — Le syndicalisme et sa crise
6.1. Définition
Un syndicat est un corps intermédiaireentre les citoyens/salariés et l'État/employeurs. Il défend les intérêts des salariés, négocie avec les patrons, surveille l'application des lois, et représente les travailleurs dans le dialogue social.
6.2. Brève histoire du syndicalisme français
- • 1884 : loi Waldeck-Rousseau — légalisation des syndicats.
- • 1895 : création de la CGT.
- • 1919 : création de la CFTC (catholique).
- • 1920 : scission CGT → CGT et CGTU.
- • 1936 : réunification de la CGT (gauche au pouvoir).
- • 1944 : création de la CGC (cadres).
- • 1947 : nouvelle scission CGT → création de FO. Puis création de la CFDT issue de la CFTC.
6.3. La crise des effectifs
Le nombre d'adhérents a fortement baissé depuis les années 70-80. La France est un des pays d'Europe avec le taux de syndicalisation le plus faible (~10 %).
Causes : évolution du marché du travail (contrats courts, tertiarisation), nouvelle donne politique (« There is no alternative » de Margaret Thatcher), pratiques antisyndicales.
6.4. Secteurs et difficultés syndicales
- • Secteur primaire : matières premières.
- • Secteur secondaire : transformation des matières premières.
- • Secteur tertiaire : services.
Hôtellerie-restauration, commerce, services aux ménages (féminin), infirmières (pas le droit de grève) : secteurs où le syndicalisme est compliqué. Armée de réserve (Marx) : les chômeurs font pression sur les salariés qui acceptent de moins bonnes conditions.
6.5. La crise des corps intermédiaires
La crise du syndicalisme s'inscrit dans une crise plus large des corps intermédiaires (partis politiques, associations, mairies). De nouvelles formes d'engagement émergent via les réseaux sociaux : recomposition des formes de mobilisation politique.
Chapitre 7 — Le vote et les comportements électoraux
7.1. Histoire du vote en France
- • IIIᵉ République (1870-1940) : suffrage universel masculin, le Président n'est pas élu directement.
- • IVᵉ République (1946-1958) : droit de vote des femmes (ordonnance du 21 avril 1944), Président élu par l'Assemblée. République la plus courte.
- • Vᵉ République (1958-) : élection directe du Président par les citoyens (réforme de 1962).
7.2. Les types de scrutins
- • Scrutin majoritaire : celui qui a le plus de voix gagne. Uninominal quand un seul siège à pourvoir. Deux tours si pas de majorité absolue au 1ᵉʳ tour.
- • Scrutin proportionnel : sièges attribués selon le % de voix. Concerne les scrutins de liste.
- • Proportionnel à prime majoritaire : élections municipales et régionales. Seuil de 5 % pour le 2ᵉ tour, possibilité de fusionner. La liste arrivée en tête reçoit une prime de sièges.
- • Européennes : proportionnelle pure (depuis 1979).
7.3. Le vote comme fait social
Contraignant : normes sociales autour du vote. Statistique : on mesure les résultats. Institutionnel : maintenu via les institutions républicaines.
Attention : il ne faut pas voir les catégories d'électeurs comme des blocs homogènes. Le vote est influencé par de nombreux facteurs (âge, classe, genre, représentations…).
7.4. Le gender gap
Historiquement : le vote des femmes en France a longtemps été conservateur (à droite). Depuis les années 80, il s'est aligné sur celui des hommes. Aujourd'hui : les hommes votent davantage pour les partis d'extrême que les femmes. Explication par la socialisation : on a inculqué aux femmes la retenue.
Selon Ania Durkovic : « Le gender gap n'est jamais figé. Ça dépend des stratégies électorales des partis, du contexte, des alliances, de la question posée dans l'espace public. »
Chapitre 8 — La fraude sociale et l'accès aux droits
8.1. L'action publique selon Vincent Dubois
Vincent Dubois définit l'action publique comme « l'ensemble des relations, des pratiques et des représentations qui concourent à la production politiquement légitimée de modes de régulation des rapports sociaux » (L'action publique, 2010).
8.2. Les chiffres de la fraude sociale
La fraude aux prestations est un problème médiatisé mais marginal en valeur absolue. Seuls 20 % du montant estimé sont détectés. La fraude des assurés/allocataires ne représente qu'une fraction de la fraude sociale totale, dont l'enjeu majeur est la fraude du secteur économique (entreprises, indépendants).
En comparaison avec la fraude fiscale, les montants estimés sont nettement inférieurs, mais les montants détectés sont proportionnellement plus élevés — gestion différentielle des illégalismes.
8.3. La construction politique de la « fraude sociale »
Aux États-Unis (New York) : fabrique des « abus sociaux » dès les années 1950 — passage de la dénonciation maccarthyste à la stigmatisation raciste (Tamara Boussac). En France : la fraude sociale est récente. Passage d'une « fraude de survie » à une lutte contre les « assistés » à partir des années 1990 (Vincent Dubois et Marion Lieutaud).
8.4. Le contrôle comme politique de la rigueur
Pourquoi ce durcissement du contrôle ? Pas plus de fraudes, pas vraiment de tensions budgétaires, mais une concordance des champs sociaux (politiques, expertise, journalistique). Changement des politiques sociales : on passe de critères de droits à des critères de faits, ce qui implique un contrôle des comportements (Dubois, Surveiller et punir les pauvres).
L'algorithme de notation de la CNAFattribue un score de suspicion à chaque allocataire (32 millions de personnes). Facteurs augmentant le score : faibles revenus, chômage, RSA, AAH. Attaqué devant le Conseil d'État (janvier 2026).
8.5. L'envers de la fraude : le non-recours
Personne qui ne reçoit pas un service ou une prestation auxquels elle peut prétendre.
- • 50 % de non-recours au minimum vieillesse (2016)
- • 34 % de non-recours au RSA (2018)
- • 30 % de non-recours à l'assurance chômage (2018-2019)
Raisons (Baromètre DREES 2021) : 37 % manque d'information, 22 % démarches complexes, 17 % crainte de conséquences négatives, 15 % volonté d'autonomie, 3 % les aides n'apportent pas grand chose.
8.6. La figure de l'assisté (Paugam & Duvoux)
Serge Paugam et Nicolas Duvoux, La régulation des pauvres — Du RMI au RSA. Définition relationnelle : sont pauvres ceux que la société qualifie comme tels et auxquels elle apporte son soutien pour cette raison. Pauvreté disqualifiante: le traitement de la pauvreté ne libère pas du stigmate. Économique : main-d'œuvre peu coûteuse. Social : figure repoussoir. Responsabilisation des pauvres via les politiques d'insertion : intériorisation et injonction.
8.7. L'AME — un droit fondamental attaqué ?
Droit à la protection de la santé : alinéa 11 du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 + loi du 4 mars 2002. AME(Aide médicale d'État) : ouverte aux personnes résidant en France sans titre de séjour valide, sous 3 conditions : résider depuis plus de 3 mois (sauf AMU et AME humanitaire), ne pas être affilié au régime général, ne pas dépasser le plafond de ressources (sauf mineurs).
Enquête Premiers Pas (IRDES, 2016/2019/2023) : ~1 000 questionnaires + 20 entretiens à Paris et Bordeaux. Résultats : 49 % des personnes sans titre de séjour ne sont pas couvertes ; 1/6 souffre de stress post-traumatique ; 47 % ont un état de santé dégradé (vs 30 % en France) ; 50 % des malades chroniques ne sont pas couverts ; 9 % ont migré pour des raisons de santé.
8.8. La réception de l'action publique (Anne Revillard)
Anne Revillard (2018) : partir du point de vue des ressortissant·e·sde l'action publique, plutôt que de ses concepteurs. Distingue :
- • Les effets : symboliques (façonnage de la subjectivité) et matériels (incorporation, ressources, cadre de vie).
- • Les appropriations : interprétation/décodage (ce qu'on en pense) et pratiques/usages (ce qu'on en fait).